Sans faim est peut-être une pièce sur le bonheur perdu, tel que l’imaginent nos sociétés occidentales : une santé mentale et physique qui coïncide le plus exactement possible avec les normes qui nous enserrent. Ou plutôt, c’est unemise à l’épreuve de ce bien-être idéal, à travers une famille pour qui tout va bien, dans un monde confortable et repu—pour qui tout irait bien si la part du monde qu’ils excluent ne faisait brutalement retour….
Sans faim & sans faim2, deux comédies tragiques où la famille serait lemodèle d’une société pour qui la sécurité de quelques-uns serait l’exemple à suivre pour les
sociétés futures.
Mais de quel bonheur parlons-nous ?
Sans faim 2 poursuit et achève la fable de Sans faim. La famille reconstituée autour de la perte d’un de ces membres tente de retrouver un ordre moral à son existence et s’érige comme seul et unique modèle pour le futur. Elle n’hésite pas à éliminer ses propres membres pour en déclarer d’autres plus conformes à la demande. Cette fois-ci c’est peut-être sans compter avant toute chose sur l’ordre du désir et de la nécessité d’être.
Hubert Colas