Ils sont trois, temporellement coincés entre les deux sirènes de midi et midi dix, entre les deux appels tragiques qui bornent leur vie, comme des Ephémères.
Trois acteurs qui vont traverser en 9 minutes Phèdre de Racine, dans un théâtre accéléré et débridé qui avance jusqu’à la mort…
« Au fond, la mer », seule didascalie de la pièce de Racine, comme le décorum du parvis de l’Opéra où l’on sait « qu’au fond », derrière les immeubles, il y a toujours la mer que l’on ne voit pas…
En réponse à la commande de Lieux Publics, Didascalies and Co commande à Noëlle Renaude, en préfiguration de la production de Phèdre de Racine en 2009/2010, un texte original sur le même thème : une manière pour nous d’affirmer que le texte peut aussi sortir des lieux clos, et que les mots ont une place dans l’espace public.
Noëlle Renaude, à sa manière inimitable, raconte Phèdre de Racine, toute la pièce, en 9 minutes. Elle désosse l’écriture pour lui redonner un nouveau squelette, fait d’échos et de réminiscences. Les mots sonnent entre comédie et tragédie, hoquettent, avancent, se reprennent, décrivent l’inénarrable drame familial qui alimente la pièce de Racine, où belle-mère, père, fils, cousine, vieux, bonne et soubrette valsent jusqu’à la mort.
Production : Didascalies and Co, Lieux publics